Pas de vernissage pour la visite du prince des poètes dans notre château musée, pas d’affiches, pas de livrets, pas de catalogues, pas de prospectus. Une communication à la petite semaine qui illustre, une fois encore, la place que la Municipalité consacre à la « culture » dans notre cité.
Que
diable peut rapprocher Rimbaud de Mélik ? Aucunement contemporains, le premier, venu du nord, le second, des rives orientales. Le premier, « visage d’ange en exil », le second, à
la physionomie inquiétante. Le premier, comète dans le ciel de l’Art, le second, étirant une vie d’amertume. Le premier, « homme aux semelles de
vent », entre Harar et Aden, le second terré dans l’austère château d’un petit village rural. Le premier, génie reconnu, le second, à la réputation limitée.
Seuls, l’alcool, la rudesse du caractère et l’insociabilité semblent les rapprocher, somme toute, traits communs à l’âme damnée de nombre d'artistes.
La conservatrice du musée, pourtant, s’est proposée de les confronter : souvent, de nos jours, les recettes muséales consistent à rechercher fiévreusement des « filiations » improbables. Quelquefois, oui, il faut avoir le courage de le dire, celles-ci peuvent conduire à un échec.
Ici, nous aurions pu tenter de suivre le fil ténu qui unit ces deux univers, - les écrits
révolutionnaires du premier, un langage qui échappe à toute logique du second - si tant est que l’exposition ait entretenu un dialogue entre les deux
protagonistes.
Au seuil de l’exposition (qui ne se tient que sur un seul niveau), le parcours
s’y emploie, présentant succintement les deux itinéraires. Mais, on déchante très vite, en l’absence de tout document sur Arthur Rimbaud (aucun prêt du Musée Rimbaud de Charleville, par
exemple). En réalité, l’exposition n’est qu’un monologue : face aux écrits et dessins de Mélik, deux bouquins de la collection de poche des
œuvres de Rimbaud et quelques rares copies de documents soutiennent l’alternance !
Aucun repère visuel (étiquettes, textes explicatifs) ne vient à notre secours pour l’exploration à laquelle on nous a conviés. Pire, les transcriptions des écrits de Mélik sont présentées sur de
vulgaires feuilles machine A4 banalement dactylographiées. Mélik n'est pas Rimbaud, on le savait, mais on aurait souhaité repérer
quelques affinités sélectives.
L’exposition ne serait pas achevée ? En ce cas, pourquoi les élus ont-ils accepté de la faire démarrer le 7 novembre ?
A souligner cependant, l’heureux aménagement des deux salles et l’accrochage sûr, comme nous y a toujours habitués la conservatrice.
« J’ai tendu des cordes de clocher en clocher,
Des guirlandes de fenêtre à fenêtre,
Des chaînes d’or d’étoile à étoile,
Et je
danse. » Arthur Rimbaud - Illuminations
"Vaut-il mieux aller du dessous au dessus plutôt que du dessus au dessous ou vaut-il pas même plutôt aller du dessus du dessous plutôt que du dessous du dessus ? Le langage de l'amour a ses
folies que la folie ignore." Edgar Mélik - Ombre - 1930

Trois mariages avaient lieu le même jour au Verger, ce qui a reduit un peu le nombre habituel
des convives ; de même que l'assemblée et le repas de la Boule Bronzée qui avaient lieu au même moment.
Les parents sont venus nombreux. Le « final » des petits, qui clôt la première partie,
est toujours très attendu, très filmé, très applaudi. La seconde partie nous a réservé de très bons moments de « move » et de souvenirs de « movies ».
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