Les commémorations sont un vecteur privilégié des valeurs qu’une Nation entend mettre en avant. Le
philosophe et historien Ernest Renan les définissait comme « une volonté de continuer à faire vivre l’héritage indivis ». Aujourd’hui, cet héritage « s’atomise » selon la
formule de Pierre Nora, non seulement en raison de la disparition des derniers témoins mais surtout à cause de nos rapports avec l’Histoire.
Sous la 3ème république, les commémorations étaient le temps fort de la vie collective. Ainsi, le
11 novembre, institué par la loi du 24 octobre 1922 pour commémorer le jour anniversaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale, revêtait un sens profondément républicain, puisqu’il
s’agissait d’honorer la « grandeur du devoir civique », selon le grand historien des anciens combattants, Antoine Prost.
La patrie s’inclinait devant ses citoyens morts pour la France. Ils étaient alors « ses héros » et le philosophe Alain pouvait écrire « Ce n’est pas parce que l’homme hérite de
l’homme qu’il fait société avec l’homme, mais parce qu’il commémore l’homme. Commémorer c’est faire revivre ce qu’il y a de grand dans les morts, et les plus grands morts. »
Mais aujourd’hui, en France, se sont substitués aux « héros » « les victimes », « Aux morts pour la France » les « Morts à cause de la France », à la mémoire combattante, l’interpellation de la conscience universelle.
Devant ce nouveau paradigme, comment commémorer et que
commémorer ? C’est à cette question complexe que la commission présidée par M. André Kaspi a tenté de répondre le 12 novembre 2008. Le rapport de la commission soulignait la
multiplication des commémorations relevant du ministère de la Défense, passées en 10 ans de 6 à 12, le peu d'intérêt qu'elles suscitaient dans le public, et l'ignorance
par les jeunes générations de ce à quoi elles faisaient allusion.
Cette
commission préconisait de retenir le 14 juillet, le 11 novembre et le 8 mai comme commémorations bénéficiant d’un consensus national, les autres dates du calendrier commémoratif étant laissées au
gré local. L’attachement d’un grand nombre de français aux commémorations actuelles a conduit à « classer » prudemment ce dossier.
Cependant cette année, le 11 novembre commémoré peu après les 20 ans de la chute du Mur de Berlin, a pris les contours d’une mémoire européenne, tout au moins, d’une mémoire
franco-allemande partagée. Certains vont même jusqu’à vouloir en faire la « fête de l’avenir » !
N'oublions pas cependant que la première guerre mondiale fut une guerre faite au nom de la patrie pour laquelle se sacrifièrent des centaines de milliers de combattants.
En leur nom, choisissons d'abord le message de Françoise Chandernargor, historienne et épouse de M. Badinter : "Etre victime c'est un grand malheur, ce n'est pas un honneur. Il est bon de
donner en exemple aux enfants des héros."
Le lycée militaire d'Aix en Provence était également représenté.
Le fait marquant de ce 11 novembre 2009 a été l'hommage patriotique rendu par les jeunes éléves du Collège Marie Mauron.
Son projet abouti, elle y a fait participer 5 élèves de 3ème 1 (Solène Donné, Annabelle Germain, Céline Pocheau, Anthony Martin et Quentin Sangline) et 5 élèves de 3ème 2 (Marion Adam, Coline Stagnitto, Lucien Durand, Maxime Elbaz et Enzo Olivieri).
Ces élèves, ainsi que leurs collègues de classe, ont tous travaillé sur leur arbre généalogique et certains d'entre eux ont ainsi découvert un ou plusieurs ancêtres morts pour la France ou résistants, ainsi que leurs insoupçonnées origines. Grâce à ce travail en amont, cette commémoration a pu trouver un sens pour ces jeunes générations.
Madame Groelly a lu tout d'abord un texte extrait d'un calepin de son grand-père lorsqu'il était sur le front de la Marne et à Verdun.
De leur côté, les élèves ont lu un poème : "In Flanders Fields " de John Mac Crae, dans la langue de Shakespeare, puis traduit, " Solidaritätslied de Bertold Brecht, dans la langue de Goethe, puis traduit, et "Fratelli" de Guiseppe Ungaretti, dans la langue de Dante, puis traduit.
Ils conclurent ensemble avec leur professeur l'hymne européen dont ils ont écrit eux-mêmes les paroles. Saluons le geste de respect de l'un de ces jeunes, qui, couvert d'une casquette, s'est découvert à la lecture de son texte hommage.
Reférences citées au cours de cet hommage :
Manuscrit du caporal Guiseppe Giavelli, appartenant à la famille de Hubert de Villeneuve et de Jean Pierre Giaveli - Traduction Annie Sambourg (Calas)
Calepin de Raymond Renefer avec acquarelles.
On ne saurait trop conseiller l'article détaillé d'Hélène Martin dans la Cabre d'Or n° 83 " A ses enfants morts pour la Patrie", sur les origines des monuments aux morts de Calas et de Cabriès inaugurés en 1922, rédigé à partir de fonds d'archives.

Tous les coloris, les formats, les motifs, les porte-bonheur sont à
l’appel. Ils se sont tous fait particulièrement beaux pour ce premier jour :
Le ballet des voitures s’accélère et le parking s’emplit.
Si le personnel

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