Les Rencontres de Trébillane ont compté une bonne vingtaine de représentations contre 8 l’année dernière. Le bon dosage doit se trouver à mi chemin.
( Le
public n'est pas toujours au rendez-vous)
Elles ont été très diversement fréquentées, le plus généralement peu de public et malheureusement très peu d’habitants de notre commune, exception faite des grands rendez-vous que sont les
spectacles produits par les associations Arts K Danse, Calas Danse, et Jazz’n Groove qui remplissent
les gradins ; cependant, Kid Creole n’a pas fait le plein cette fois.
Saluons le succès du Chœur Lyrique des Enfants de l’Estaque organisé par
l’association culturelle arménienne de Cabriès-Calas qui a su déplacer, outre les familles marseillaises, un public cabriésien inhabituel. Nos 2 chorales savent toujours rassembler un public
nombreux et fidèle.
Les autres représentations n’ont connu qu’un engouement confidentiel, ne rassemblant le plus souvent que les proches des intéressés.
Les 2 spectacles du Pays d’Aix : « Cine Concert » et « My GGGeneration » n’ont pas connu le succès qu’ils méritaient : le public pouvait être compté sur les doigts
des 2 mains pour le premier, et pour le second, pas un visage de la commune.
Le théâtre a tenu une place majeure dans ces Rencontres. 3 associations, Contrepoint-Théâtre, Entr’acte et la nouvelle troupe L’Aparté (issue d’Avant Scène de
Marylène Derozières qui nous offrait toujours de beaux textes), ont présenté 7 spectacles destinés à des publics d’âge différent. Public clairsemé, sauf les affidés de ces troupes.
Les pièces de la Provence traditionnelle manquent terriblement en ces soirées estivales.
Je serais malhonnête de dire avoir assister à tous les spectacles. Mon sentiment sur le concert de Musica Viva vous est connu (voir Cabricabrac n° 34) ainsi que le
plaisir renouvelé qu’est le vernissage des écoles d’arts graphiques.
Pour le théâtre, on m’a dit le plus grand bien de la pièce interprétée par l’association L’Aparté « Je veux voir Mioussov » mais je ne peux en dire davantage.
La pièce de Laurent Kiefer (très présent dans la programmation d’Entr’acte) ne cache pas ses intentions. Une pseudo parodie du pouvoir actuel, rouleau compresseur
de clichés et de facilités langagières, servie par une interprétation et une mise en scène en chantier. Il est vrai que je
venais de voir la pièce parfaitement chevillée de Georges Feydeau, au théâtre de l'Odéon, La Dame de chez Maxim, mis en rythmes trépidants par l’époustouflant Jean-François Sivadier et
interprétée par Norah Krief, remarquable Môme Crevette, à la trogne chafouine. La comparaison n'est pas de mise !
Un petit prodige de l’accordéon, Pierre, de l’Ecole Municipale de Musique a particulièrement séduit le public qui était venu un peu plus tôt
applaudir la Chorale Libre Voce, toujours très au point : aussitôt la chorale partie, le public de la « fête de la Musique » s'est évaporé…
Les 2 spectacles du Pays d’Aix nous
faisaient partager, pour le premier (My GGGeneration) une tranche de vie du Rock’n’Roll présentée par l’Atelier du Possible, accompagnée d’une projection audio-video larmoyante sur une
société qui ne connaissait pourtant pas la « crise » ! Malgré certaines qualités, le spectacle n'a pas connu d'entrain, tant du côté des musiciens que du public. (NB : ni
maire, ni adjoint à la culture pour recevoir la soirée CPA)
Quant au Ciné Concert par le Philarmonique de la Roquette, pour
lequel le public était inexistant, on m’en a dit le plus grand bien, comme on m’a loué le concert du pépé Kid Créole et de ses délicieuses
Coconuts.
Kid Créole était-il cependant la perle fine à laquelle nous avait habitués Jazz’n Groove jusqu’à présent, et qui expliquerait la désaffection relative du public ?
La culture, selon les experts, ne connaîtrait pas la crise. Chez nous pourtant le public n'était pas au rendez-vous. Qu'est-ce qui explique ce désaveu ?
Le succès de ces manifestations ne tient qu’à une subtile alchimie entre les associations, le public, et la municipalité.
Fort est de constater que si les associations sont bien au rendez-vous, le public et la municipalité ne le sont pas.
La communication municipale a été exécrable : tardive, émaillée d’erreurs, des manifestations ont été oubliées (jazz band). La communication ne va pas au
devant du public, c’est le public qui doit venir chercher l’information : or aujourd’hui cela ne marche plus. Dans les (rares) "commissions affaires culturelles", nos représentants de
l’opposition ont demandé avec force que la communication prenne une autre forme. « Donnez la dimension de votre ambition culturelle », avait proposé Hélène Martin à l’élu à la culture. Sans suite.
Que souhaite vraiment le public de Cabriès en matière culturelle ? Nous avons demandé que cette question soit abordée en commission muncipale. Elle a été
expédiée sans autre forme de procès.
Au lieu de cela, on nous a annoncé le programme déjà ficelé des Rencontres, avec la seule satisfaction d’avoir chargé l’agenda.
Pourquoi avoir rejeté la tradition et la fête ? Nous faisons pourtant le constat que les têtes du
« hit parade » de ces Rencontres sont : Arts K Danse, Calas Danse, Jazz N’Groove et les 2 Chorales. Leurs recettes : de la couleur, de la bonne humeur, du rêve, du bon
sentiment.
Mais quelle impulsion peut-on
attendre d’une municipalité qui supprime Le Bal de la Municipalité, la Nuit des Sports, la Daube Provençale, la Cavalcade, tous les moments conviviaux après les spectacles, etc... et
manque d’un enthousiasme communicatif.
« L’homme cultivé est celui qui a du temps en trop ». Or aujourd’hui, il faut « occuper ».
Pour les Rencontres deTrébillane, n'est-on pas dans ce travers ?
La culture, ce n’est pas « occuper » ;
c’est donner envie.
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