Dimanche 21 décembre 2008
L’Unité Pastorale Notre-Dame de l’Arbois,
Le Foyer Saint-Raphaël, l’Association Provençale des Pèlerins de Compostelle,
Les Amis des Six Collines, ont organisé le 5 décembre une conférence sur « Le Chemin de Compostelle » au Foyer Rural, suivie les samedi et dimanche, d’une exposition « En chemin vers Compostelle »,
salle Louise Garavaque.
La salle était comble. La conférence présentée et animée par Guy Lagaude a captivé l’assemblée faite de grands et humbles marcheurs. Les membres de l’Association des Pèlerins, dont l’objet est de
favoriser les échanges entre les anciens et les nouveaux pèlerins, de sauvegarder les chemins et d’en découvrir de nouveaux, se sont succédés, chacun sur un thème différent, pour donner plus de
lumière à ce phénomène de société qu’est le pèlerinage de Compostelle.
En France, il existe 4 grandes voies pour rejoindre sur la côte atlantique espagnole, la Basilique de Saint Jacques de Compostelle. La plus fameuse, celle du Puy en Velay, a été classée en 1990,
patrimoine de l’Humanité par l’Unesco. Les autres partent de Tours, Vezelay et Arles. C’est cette dernière qui fait l’objet d’un travail avec l’association des Amis des Six collines pour déterminer
un itinéraire sur notre commune, afin de relier Marseille à Arles, empruntant les anciennes voies romaines et chemins de transhumance.
Ce chemin d’un « ciel terrestre » qu’est ce pèlerinage est né à partir du IXème siècle, a été le plus célèbre de la chrétienté après la "Reconquista", et, après un
déclin, a connu un essor sans égal à la fin du XXème siècle : en 1985, on comptait 690 pèlerins, l’année 2008, plus de 30.000. En 2010, année Jacquaire, puisque la Saint Jacques tombe un
dimanche, combien seront-ils ?
Les pèlerins se distinguent pas le « bourdon », qu’est le bâton, « la besace », où l’on range sa maigre pitance, toujours ouverte pour recevoir et pour donner, la « calebasse » pour boire, la
lettre de recommandation ou « créanciale » (délivrée à St Trophime en Arles,
la « pèlerine » qui tombe jusqu’aux chevilles et « le chapeau rond » sur lequel est cousue la « coquille », seulement sur le chemin du retour.
A l’origine, démarche de foi et de pénitence - quoique l’Eglise n’ait
jamais été très favorable à cette dévotion - aujourd’hui le pèlerinage est-il le signe d’une recrudescence de la foi (50% à 80% des pèlerins demandent la bénédiction) ?
Plus qu'au « pourquoi » (quête individuelle de spiritualité, révolte contre la fragmentation de la vie, retour vers des valeurs simples, ouverture aux autres, goût de la randonnée), les
conférenciers ont répondu au « comment ».
Mais sachons que le long de ces 1.500 kms, que l’on peut faire en plusieurs années, on peut trouver ce que l’on n’avait pas nécessairement cherché.
Guy Lagaude, à un sage du bout du monde qui lui parlait d'un chemin mystique en Espagne qu'il ne pourrait jamais faire, lui promit : « Ce chemin, je le ferai pour vous, je le
ferai pour moi ». C'est cela le Chemin de Compostelle.
Par HELENE MARTIN
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Publié dans : LE GAI SAVOIR
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