Le CAUE, association de conseils aux collectivités locales en matière
d'urbanisme et d'architecture, a présenté ses réflexions sur la nouvelle école de Cabriès lors d'une première réunion publique, le 26
juin.
80 personnes sur 2 000 mails qui auraient été adressés (CNIL ?) étaient
présentes.
Rappel : Les permis de construire des 2 projets précédents présentés par
l’équipe d’Hervé Fabre-Aubrespy ont fait l’objet de 2 recours en annulation de l’association Steppes et de 2 jugements en annulation par le Tribunal administratif de
Marseille.
La Municipalité actuelle n'a pas donné suite aux contentieux et a décidé la
réalisation d'un nouveau projet. Le CAUE est là pour l’aider.
2 tables rondes ont déjà réuni parents d’élèves, enseignants, CIQ de
Cabriès, l'association Steppes et les élus de la majorité, mais ont exclu expréssement les représentants
des élus de l’opposition CTR, ce qui revient à exclure les 2400 électeurs qui les ont élus.
Voici les réflexions du CAUE : Les documents présentés peuvent être téléchargés après demande à la mairie jusqu’au 5 juillet.
Pourquoi recomposer le socle du
piton ? La comparaison entre l’urbanisation actuelle et celle du début du siècle dernier démontre l’éclatement actuel de l’habitat,
sans limite précise, contrairement au passé où le tissu urbain s’agglomérait autour du village.
Conséquence : il y a urgence à endiguer cet étalement et profiter de
l’implantation du groupe scolaire pour structurer et revitaliser ce secteur.
Comment faire pour recomposer le
socle du piton ?
4 objectifs :
- 1er objectif = Le
grand pré
Préserver et valoriser le pied du piton, en fixant une limite très claire à
l’urbanisation dans le cadre du Plu ; conserver l’intégrité du grand pré ; donner une valeur d’usage à ce grand pré ; réaménager le remblai autour de l’école de musique afin de la
tourner vers le village.
- 2ème objectif = Les voies
Pacifier la circulation qui est aujourd'hui de transit et prévoir une
voirie partagée entre piétons, cyclistes et automobiles.
- 3ème objectif = La place publique
Créer un espace fédérateur à la convergence des voies de circulation avec
commerces et logements. Le CAUE estime que les commerces manquent de visibilité et pourraient être déplacés dans ce nouvel espace.
- 4ème objectif = Le groupe scolaire
L'Implanter dans l’espace
de 8 000 m2 compris autour de la Maison des Arts, les besoins globaux ayant été estimés à 6050 m2 y compris cour, préaux et terrain de sport. Il comprendrait 12 classes + 2 classes
complémentaires prévisionnelles. Le CAUE rejette à priori l’implantation d'un projet sur l’ancienne école, compte tenu du déficit des surfaces qu’elle présente et des difficultés de sa
rénovation.
140 places de stationnement seraient réparties sur trois secteurs afin de
répondre aux différents besoins. La Maison des Arts, actuellement isolée, serait réintégrée dans l’ensemble.
Architecture basse, de plain pied et travaillée sur un effet de
« socle » du piton.
Les préconisations
architecturales
En premier lieu : recomposer les espaces publics, essentiellement
avec une circulation ralentie par une « voie à 30 », une requalification de la route des Ecoles et des poches de stationnements, la création d’une place publique qui logera de nouveaux commerces.
En second lieu : implanter l’école en tenant compte de la qualité
paysagère, du fonctionnement de l’école , et de sa qualité environnementale.
Le 1er scénario : « Concentrer » présente, de l’aveu
même du CAUE, l’inconvénient de ne pas dialoguer avec le village
Le 2ème scénario : « Ourler » joue avec la déclivité
du terrain et fait disparaître l’architecture.
Le 3ème scénario : « Imbriquer » fragmente le bâti, d’où un impact sur le fonctionnement.
Le
débat
Les interventions ont principalement porté sur :
- l’implantation et l’usage du terrain de sport,
- le devenir de l’ancienne école,
- les inquiétudes sur l’authenticité du village, sur les nuisances qu’un
tel projet pourrait amener en termes de circulation, de stationnement, etc , et sur le maintien des commerces actuels,
- l’impact du projet et le risque de nouveaux recours qui en
découlent,
- la garantie sur le devenir du
pré ; parallèlement l’évolution du Plu, qui avait avancé sous Hervé Fabre-Aubrespy et qui n’a plus bougé depuis,
- la maîtrise foncière de la place publique projetée,
- l’impérieuse nécessité de donner la priorité à l’école, face aux autres
intérêts.
Aux deux premières questions, la municipalité répond que toutes les solutions restent ouvertes.
A la troisième question, la municipalité répond que la zone de chalandise créée par le nouveau projet ne pourra que favoriser les commerces existants.
A la question relative à
l’impact du nouveau projet, le CAUE répond que l’empiétement sur le pré du précédent projet était plus important, et que le projet d'école actuel n'a
pas été envisagé comme un projet isolé.
A la question sur le devenir du pré et du Plu posée par le représentant de la
Steppes, la municipalité répond qu’on peut le résoudre dans le cadre du Plu, mais qu’il est préservé, d'ores et déjà par les clauses de l’acte de vente à la commune qui en limitent
l’utilisation. Cette dernière réponse ne convainc pas la Steppes.
On a assisté à de fortes humeurs au cours de la réunion qui démontrent
que le consensus n’est pas encore acquis.
- Réaction des
commerçants et propriétaires de Cabriès, inquiets du maintien de leurs activités, et qui se sont plaints de ne pas avoir été encore consultés.
- Vif échange entre les
tenants d'un projet sur l'emplacement de l'école actuelle et ceux qui y sont opposés. Ainsi, un intervenant reprochait aux scénarii présentés de ne pas inclure
une
4 ème option portant sur l’emplacement actuel. Elle permettrait notamment,
selon ce dernier, de ménager une position de repli en cas d’annulation par les tribunaux d’un des scénarii retenu : « Ce que l’on reproche au
Conseil général pour le tracé nord de la RD 9, vous le faites ici ».
Ce dernier fut alors rangé dans le camp de la Steppes par l'élu aux
affaires scolaires. (Manière bien à soi d'envisager la
pratique de la libre opinion, pourtant érigée en principe préalable !).
Indignation de la salle et de l’interpelé.
Indignation du maire quant aux peurs et intérêts personnels qui
obstruent son projet « Il faut arrêter de mettre des bâtons dans les roues » (Que ne l'a t-il pas recommandé des années plus tôt !)
L'Architecte Conseil, M. Raymond, qui intervient pour indiquer qu'un tel projet doit impérativement être accompagné d'une réflexion globale et interactive sur le Piton et ses abords,
ainsi que d'un projet sur le paysage, est prié par le maire de se taire. (Manière bien à soi d'être à l'écoute de tous !).
L’intervention d’Hervé
Fabre-Aubrespy ( sur la photo ci-contre) fait l’objet d’un article à part.
On le voit, pour la municipalité actuelle, l'exercice pratique de la démocratie est plus facile à dire qu'à
faire.